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Le financement des retraites

(Extrait d’un dossier de Kareen Janselme paru dans la Nouvelle Vie Ouvrière du 29 janvier 2010.)

Si la crise a principalement frappé les régimes par capitalisation démontrant, une fois de plus, la vulnérabilité des fonds de pension, elle n’a pas pour autant épargner l’équilibre financier des régimes par répartition affectés par la baisse de l’activité, l’augmentation du chômage, le creusement des déficits publics et aussi la chute de la valeur des réserves du fond de retraite.
« Le dĂ©ficit du rĂ©gime de base de la CNAV qui Ă©tait autour de 5 milliards d’euros est passĂ© avec la crise Ă  plus de 8 milliards d’euros pour 2009. En 2010, on prĂ©voit 10 milliards d’euros, explique GĂ©rard Rodriguez, conseiller confĂ©dĂ©ral en charge du dossier des retraites. Il y aurait un quasi doublement du dĂ©ficit en lien avec la crise. Â»

Si la transformation de notre système de retraite a été envisagée, et le rapport du COR (Conseil d’orientation des retraites) commandé en ce sens, une réforme systémique serait compliquée à mettre en œuvre, longue, et très chère.
Or la priorité affichée est de réduire le déficit.
« Le gouvernement risque plutĂ´t de se tourner vers une rĂ©forme des paramètres comme l’allongement de la durĂ©e de cotisation ou de l’âge lĂ©gal de dĂ©part en retraite, reprend GĂ©rard Rodriguez, qui ira plus loin et fera plus mal... La situation est dĂ©jĂ  dĂ©gradĂ©e et ça va continuer. Le patronat ne veut pas de nouvelles cotisations patronales dans sa logique permanente de rĂ©duction du « coĂ»t du travail Â». De son cĂ´tĂ©, le gouvernement veut aussi rĂ©duire les dĂ©penses publiques. Les prĂ©visions dĂ©mographiques pronostiquent une Ă©volution plus importante du nombre de retraitĂ©s par rapport au nombre d’actifs. Si de nouvelles ressources ne sont pas allouĂ©es aux retraites, les retraitĂ©s seront plus nombreux Ă  se partager le mĂŞme gâteau : leurs pensions vont baisser. Â»

Jusqu’ici l’allongement de la durée de l’assurance n’a pas produit les effets escomptés.
« Alors que la durĂ©e d’assurance passait de 37,5 Ă  40 ans et plus, l’âge moyen de cessation d’activitĂ© n’a progressĂ© que de deux mois. Â»

Si gouvernement et patronat se refusent Ă  toucher aux cotisations, voir Ă  Ă©largir leur assiette Ă  l’intĂ©ressement et la participation comme le propose la CGT, ils ne pourront jouer que sur les paramètres restant : la durĂ©e d’assurance et l’âge lĂ©gal de dĂ©part en retraite.
Or l’allongement de la durée d’assurance n’induit pas mécaniquement un report de l’âge de départ en retraite. Quand on allonge la durée d’assurance pour obtenir une retraite à taux plein, les actifs regardent d’abord leur situation à 60 ans (âge légal du départ).
Compte-tenu des menaces qui pèsent sur les régimes, les assurés préfèrent tout de même liquider leur retraite.

Dans le cas du report de l’âge lĂ©gal, la situation est diffĂ©rente : le salariĂ© n’a pas le choix.
Si l’âge légal est imposé à 62 ans, le salarié devra attendre cet âge pour prendre sa retraite, même s’il peut déjà bénéficier d’une pension à taux plein.

 

Retraite 2010

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